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Rapport de la sous-commission n°2 sur les articulations entre activités de microfinance et de micro-assurance (étude menée par Lamis ALJOUNAIDI)
jeudi 31 janvier 2008
Un point sur la méthode
N’ayant pas vu de Chef de file émerger naturellement dans cette sous-commission, nous avons chargé Lamis Aljounaidi, qui avait travaillé sur les questions de micro-assurance à l’Agence française de développement, de mener cette étude sur la base de longs entretiens avec les membres du RFM, de personnes ressources et sur une bibliographie spécifiquement choisie pour refléter les expériences internationales incontournables dans ce domaine. Le document s’adresse aux IMF qui souhaitent offrir un produit de micro-assurance quel qu’il soit. Il permet à l’institution de se poser les questions essentielles avant toute mise en œuvre du produit notamment sur la gestion opérationnelle, financière et sur la question de la réglementation.
Résumé exécutif :
Le secteur de l’assurance formel est relativement inexistant dans les pays en développement et surtout en Afrique, où l’offre formelle d’assurance couvre à peine 10 à 15 % de la population. On constate cependant une corrélation historique entre le développement de l’assurance et le développement humain. En effet, la spirale de l’insécurité économique est l’un des principaux cercles vicieux du sous-développement. Elle est cause d’une pauvreté qui inhibe les capacités de développement. L’assurance peut être considérée comme un service social qui vise à réduire les incertitudes de perte et les risques en combinant un grand nombre d’incertitudes similaires et en faisant porter le poids sur la plus large base possible.
C’est en faisant ce constat qu’un grand nombre d’acteurs (ONG, bailleurs, etc.), notamment français, intervient pour développer l’offre assurancielle dans les pays en développement. Le dynamisme accru de la microfinance, et l’arrivée de certaines institutions à une taille importante a incité à mettre en place des liens entre microfinance et micro-assurance. Les institutions de microfinance (IMF) présentent effectivement de nombreux avantages : l’étendue géographique de leur réseau leur permet d’atteindre le milieu rural et le secteur informel ; une part du savoir faire financier acquis dans l’exercice de la microfinance peut être utile dans l’exercice de l’assurance ; enfin, les IMF ont acquis une connaissance du terrain très appréciée pour la création et le développement de produits de micro-assurance.
Les institutions de microfinance sont ainsi de plus en plus poussées à proposer une offre d’assurance à leur clientèle. De nombreuses institutions sont tentées de suivre un phénomène de mode au risque d’exposer leur activité principale. Il semble toutefois plus prudent d’examiner préalablement au lancement de l’activité et en profondeur, les coûts et les avantages, d’un produit de micro-assurance pour une IMF.
Ce document propose une grille d’analyse que chaque IMF peut reprendre afin de quantifier l’intérêt de l’activité mais surtout le risque auquel elle s’expose selon sa position sur le terrain et son savoir faire. Trois axes sont approfondis : le risque financier, le risque opérationnel et le contexte réglementaire. Deux raisons principales peuvent pousser une IMF à diversifier son activité par un produit de micro-assurance : améliorer la qualité de son portefeuille de crédit en réduisant les risques de non paiement causés par le décès ou la maladie et augmenter son attractivité dans un contexte concurrentiel.
Mais en développant une telle activité, l’IMF fait face à un certain nombre de difficultés : certaines sont inhérentes à l’activité d’assurance et d’autres sont spécifiques au lien microfinance/micro-assurance. Les IMF doivent donc prendre en compte les difficultés, nombreuses, liées à l’activité d’assurance et qui sont bien souvent méconnues des professionnels de la finance. En effet, il faut rechercher une tarification qui couvre les coûts des produits tout en étant attractive pour les ménages à faibles revenus. La recherche de tarification optimale conduit à rechercher des bases de données fiables permettant de quantifier les risques. Or, ces bases de données doivent souvent être construite par l’assureur. Enfin, un des freins majeur de développement de la micro-assurance reste la méconnaissance de ce type de produit au sein de la population cible, voire la méfiance superstitieuse.
Quand on sait que la grande majorité des projets développés dans le cadre de la Coopération française sont des projets de micro-assurance de santé, il convient d’examiner en plus les difficultés liées à ces produits et qui concernent souvent l’offre de soin : l’existence d’une offre de soin satisfaisante ne va pas de soi, par ailleurs, l’assureur doit être conscient que le lien avec le prestataire de soin est un métier à part. Une deuxième partie des difficultés dont une IMF doit tenir compte est spécifique au lien microfinance/micro-assurance. Elles concernent avant tout le risque financier auquel s’expose une IMF qui propose un produit de micro-assurance : un risque que ces institutions ne connaissent pas et qui est bien différent de celui qu’elles gèrent dans le cadre de leur activité principale. Elles concernent en second lieu les risques opérationnels générés par la diversification de l’activité. Elles concernent enfin le cadre réglementaire dans lequel évolue ces institutions et qui leur permet rarement d’exercer l’activité de micro-assurance.
Ces risques sont plus ou moins importants selon le modèle adopté pour l’activité. C’est quand l’IMF développe son propre produit d’assurance tout en portant l’ensemble des risques que l’activité d’assurance est la plus dangereuse pour l’institution. Le modèle Agent - Partenaire en collaboration avec des assureurs (privés ou publics) est le plus simple à mettre en place. Cependant, peu d’assureurs sont prêts à s’intéresser aux populations défavorisées. L’expérience a montré que les produits proposés sont souvent trop chers pour les populations concernées. Le modèle contrat de groupe est une autre variante du modèle Agent - Partenaire qui permet une simplification des procédures.
Aujourd’hui, l’ensemble des acteurs, tant français qu’internationaux s’accordent à considérer que le modèle le plus intéressant est celui de la structuration en réseau qui permet à un ensemble d’acteur de la micro-assurance de mutualiser les coûts de production et de gestion technique des produits à travers une interface technique commune.
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